Voilà ce que les nombreux observateurs des travées de Jean Neumille devaient se dire dimanche au coup de sifflet final. Face à une solide équipe de Caudecoste, qui se présentait en Quercy avec une seule défaite pour 5 matchs joués, les débats semblaient quelque peu déséquilibrés sur le papier. Venus chercher un résultat, les Lot-et-Garonnais exhibaient les couleurs de la décontraction et de la sérénité à leur descente du bus. Dans le sillage d’un pack solide et expérimenté une ligne de trois quart alerte et fringante débarquaient sur les rives du Lot. Sûrs de leurs forces et avec la ferme intention de réaliser une pêche miraculeuse, remontant dans leurs filets un bon nombre d’essais et pourquoi pas un bonus offensif !!
Mais s’il lui arrive d’être optimiste au matin, le pêcheur en est le plus souvent rêveur et la réalité vient parfois lui rappeler que le plus petit poisson ne se rendra pas sans résister et que ce genre de pêche n’arrive pas tous les dimanches. Ce weekend, ce sont les Puy-l’Evêquois qui se sont employés corps et âmes à leurs rappeler qu’il ne faut pas vendre la peau du Piranha avant de l’avoir tué, monopolisant la balle d’entrée de jeu et attaquant sans complexe la ligne du chalutier Lot-et-Garonnais. Mais installés dans un faux rythme, et bien que face aux vagues, celui-ci tenait bon grâce à un équipage réaliste. Ainsi à chaque fois que les visiteurs entraient dans le camp Lotois, ils marquaient et donnaient un peu plus de mou aux locaux. Un essai casquette et une pénalité les voyaient même passer devant à la mi-temps 10 à 6 en ayant posé que deux fois le pied en terre Lotoise.
Après la pause et un recadrage tactique effectué, tous s’attendaient à une réaction des ciels et grenats qui après avoir tant dominés les débats en première période ne pouvaient se résoudre à laisser filer une rencontre largement à leur porté. Alors quelle stupeur dans les travées du stade quand, à la 45ème minute, sur une attaque en sous-nombre le numéro 10 Lot-et-Garonnais tape par-dessus la ligne Lotoise et là, sur une mésentente Lotoise et deux rebonds malheureux, le numéro 11 adverse pousse du pied le ballon et l’aplati entre les perches Lotoises. Un essai transformé qui voit les ciels et grenats s’empêtrer un petit peu plus dans les filets Caudecostois. 17 à 6, voilà nos ciels et grenats à 11 longueurs de leurs visiteurs, les Puy-l’Evêquois sont au pied du mur et on ne donne plus très cher de leur peau ! Et comme toujours dans ces cas là, alors que plus personne n’y croit, les hommes du président Gaullier vont faire preuve d’un sang froid et d’un mental à toute épreuve. Ils repartent à l’assaut de plus belle, faisant preuve d’une envie sans pareille, ils vont littéralement confisquer la balle et jouer tous les coups à fonds, sans jamais baisser la tête. Dominateurs en conquête, ils se resserrent autour de leur capitaine et font mal aux Lot-et-Garonnais dans l’axe. Emportant à plusieurs reprises leurs adversaires sur des déroulés dont eux seuls ont le secret. Les minutes défilent et on ne voit pas comment les visiteurs pourraient tenir sous la furia locale. Après un beau mouvement des trois quarts, Saraiva s’écroule à 50cm de la ligne, le jeu rebondi sur le fermé et tel un ailier, c’est finalement David Lafon qui pointe en coin et redonne espoir dans le camp Lotois. 17 à 11 à 15 minutes de la fin, tout est encore possible pour les ciels et grenats ! Et dès le renvoi, ils repartent de plus belle à l’abordage du vaisseau Caudecostois, celui-ci ce disloque peu à peu face aux vagues Lotoises mais il tient bon le cap. Une nouvelle pénal-touche, un énième maul se met en mouvement. Le navire Lot-et-Garonnais est pris dans un tourbillon ciel et grenat et ne sait plus où donner de la tête ; quand soudain le pack Lotois s’écroule, des bras se lèvent, des cris de joies montent des abysses ! Oui mais voilà, le bras salvateur de l’homme en noir ne se tend pas ! Et pour cause il manque 50cm ! Les avants Lotois ont bien passé la ligne, oui mais celle délimitant le terrain de foot ! Pris dans l’euphorie, ils ont oublié que la semaine passée, le PPFC s’était illustré en terres Puy-l’Evêquoise. Bernés par ce fait de jeu, ils se sont laissés tomber, persuadés d’avoir ouvert une voie d’eau dans la coque Caudecostoise ! Peut être le tournant du match ! Toujours est-il que tout est à refaire et que le temps est compté ! La bande à Seyral, fidèle à ses convictions, continuera à tenter jusqu’au bout, faisant une nouvelle fois preuve de détermination est de courage. Mais rien n’y fera et l’expérience des Lot-et-Garonnais aura raison des velléités Puy-l’Evêquoise. Ecroulant tour à tour les mauls des partenaires à Zambon sans pour autant être pénalisé, s’engageant le plus souvent aux limites du correct dans les zones de ruck, prenant parfois leurs phalanges pour des springers, estimant sans doute que la pelouse municipale manquait d’eau !
Force est de constater que rien ne changera au tableau d’affichage et, qu’une fois de plus, tous les beaux discours énoncés dans le vestiaire de M. EYNARD par l’homme en costard lui-même se sont avérés n’être que des promesses de gascon !
Quoi de plus naturel en Aquitaine me direz-vous ! Toujours est-il que si dans nos colonnes nous nous efforcerons constamment de comprendre les décisions arbitrales et rendrons souvent hommage aux hommes en noir sans qui notre sport ne saurait évoluer, que nous concevrons ad vitam aeternam que ceux-là n’auront jamais des yeux dans le dos et exercent leur passion le plus objectivement possible ! Permettez nous de nous interroger sur l’utilité d’individus, soit disant compétents, pour faire respecter le jeu et empêcher l’antijeu ? S’il est vrai qu’ils savent s’enorgueillir d’épingler un entraineur qui mettrait un orteil en delà de son carré, qu’ils s’épanouissent à organiser les mouvements de joueurs ou qu’ils jubilent à l’idée de réprimander un soigneur qui n’aurait pas son brassard, quel est leur rôle au juste ? N’est-il pas, comme ils ont tendance à le souligner aux capitaines, en petit comité lors des toasts, de veiller au grain et de signaler certains gestes déloyaux qui n’ont plus rien à faire sur les pelouses du 21ème siècle ? La question est ouverte et si vous, chers lecteurs, avaient une réponse n’hésitez pas et confiez la nous !! Car si nos colonnes étaient restées muettes jusque-là, elles ne peuvent continuer à l’être après que les faits d’Aiguillon n’aient pas été retranscris par le commissaire délégué !!! Encore une fois ce weekend plusieurs agressions ont été oubliées ou on échappées à la vigilance de l’assesseur responsable de la sécurité. Alors soit ! Un oubli peut se concevoir mais il faut reconnaître que depuis le début de la saison nos piranhas, eux, n’y ont jamais échappé alors que les faits malheureux dont ils ont été victimes sont eux tombés dans les oubliettes et ont fait les affres d’un lunetier peu consciencieux !