
C’est beau un homme qui pleure ! Voilà une expression connue de tous et qui a enfin pris tout son sens ce dimanche 1er mai à 15h à Lalinde. Les nombreux supporters qui avaient fait le déplacement en Dordogne ont eu droit à un véritable spectacle donné par des ciels et grenats plus motivés que jamais. Comme la coutume romaine l’exige, les gladiateurs Puy-l’Evêquois ont offert au peuple Lotois du sang et des larmes !
Du sang tout d’abord en se livrant sans faille et jusqu’au bout dans un combat, une guerre de tous les instants. Obnubilés par le graal qu’ils étaient venus conquérir, les hommes de Lourenco ont atteint un degré d’engagement qu’ils n’avaient jusque là qu’effleurés tout au long de la saison. Avançant obstinément dans le mur Daglanais sans jamais céder un centimètre carré de terrain, fiers en conquête et sur les phases statiques, la bande à Andrieu a tout donné dans cette rencontre. Alors qu’on ne donnait pas cher de leur peau avant ce match, les ciels et grenats ont prouvé qu’ils avaient des ressources et que le travail fini toujours par payer. Tous avaient en tête les images de la dernière confrontation entre ces deux équipes et qui avait vu les Dordognot s’imposer largement sans réelle résistance. Et bien cette finale fut d’une toute autre envergure.
Vaillants, accrocheurs, joueurs, dominateurs... autant d’adjectifs qui collèrent à la carcasse de nos petits piranhas. Monopolisant le ballon d’entrée de jeu, les Lotois jouent et n’hésitent pas à écarter les ballons quitte à prendre parfois quelques risques. Or, c’est sur une interception qu’ils vont encaisser un essai de près de 80 mètres alors que tout le public s’était déjà levé pour annoncer l’essai ciel et grenat. Malheureusement, le ballon tombe sur la dernière passe et l’ailier Dordognot récupère et file tout droit inscrire un essai non transformé contre le cours du jeu.
Les Puy-l’Evêquois ne baissent pas la tête et repartent de plus belle. Sous l’impulsion de leur ouvreur et de ses deux ailiers, ils parviennent à remettre les mains sur le ballon et à inscrire un essai transformé grâce à une belle inspiration de Franck Dubois. 7 à 5, les voilà enfin devant ! Et ils vont tenir ce score jusque dans les dernières secondes du match. Mais par manque de maîtrise ou de lucidité, ils ne parviennent pas à concrétiser l’ensemble de leurs temps forts. Et lors d’une des rares incursions Daglanaises, alors qu’on entre dans les arrêts de jeux, les ciels et grenats vont commettre l’irréparable. Un bras se lève, 22 mètres en face des perches et s’en est fini des espoirs Lotois. Le buteur rouge et blanc ne tremble pas et voilà le bouclier qui glisse sous les doigts de la bande à Andrieu !
C’est à ce moment que surgissent les larmes ! La déception peut se lire dans les yeux de chacun d’entres eux. Tous sont tristes de ne pouvoir enfin offrir un bouclier à celui qui a tant joué de finales, celui qui a tant donné au club et qui était un exemple pour l’ensemble du groupe. Non, pas de bouclier pour Tonton BALAGUER qui tire ainsi sa révérence et rien de mieux pour les Doudou, Pascal et autres vielles tronches du club.
Oui, des larmes ont coulé mais des larmes d’amour et d’amitié pour ceux qui ont forgé, façonné et porté ce groupe depuis près de trois saisons maintenant. Bien évidement qu’ils étaient tristes nos réservistes car après avoir tant donné, ils auraient mérité une plus belle récompense mais qu’est ce qu’un bouclier comparé à une amitié ? Une photo, un souvenir, une babiole qui trônera quelques temps sur le buffet quelconque d’une salle à manger poussiéreuse. Alors que ces larmes partagées et ce sang versé n’auront pour poussière que l’éternité d’une mémoire fatiguée. Cristallisées dans le calcaire, elles hanteront l’histoire et finiront les repas Puy-l’Evêquois tant que l’un d’entres eux sera présent pour rappeler aux nouvelles générations de la basse vallée du Lot qu’il est des défaites qui ont plus d’éclat que les plus grandes victoires, que dans ce sport comme dans la vie le résultat n’est rien sans la manière.
Alors oui, il y a eu des larmes, celles entre autres d’un monument Puy-l’Evêquois qui n’aura jamais la chance de toucher un bout de bois mais en ce dimanche 1er mai, il a gagné quelque chose d’inquantifiable : le respect et l’amitié de l’ensemble d’un groupe sans lesquels rien n’est possible au rugby. Et ces larmes n’étaient qu’une façon pudique de lui dire merci.
Alors que c’était beau de voir ces hommes pleurer !
Ce dimanche 1er mai, les piranhas Lotois et leur président Gilles Gaulier en tête quitteront les eaux calmes et tranquilles pour celles plus agitées de la Dordogne. L’étendard ciel et grenat est levé, porté haut et fier par les rugbymen de la basse vallée qui comptent, cette année encore, bien figurer dans ces joutes finales.
Encore en lice avec leurs deux équipes, les Lotois nourrissent un rêve fou : ramener sur les rives du Lot, pour la seconde année consécutive, un et pourquoi pas même deux boucliers ! Ce serait du jamais vu dans les travées du stade Jean Neumille mais la mission s’avère d'ores et déjà plus que difficile et certains pourraient même la penser impossible. Car si pour les Lotois le bilan de la saison peut déjà être qualifié de positif, leur objectif de maintien étant largement dépassé, que dire de celui de leurs adversaires respectifs ? Que ce soit pour la réserve ou la première, les deux adversaires des Puy-l'Evêquois se présentent en finale comme invaincus et ont fait figure d’épouvantail tout au long des phases qualificatives !
Daglan a dominé de la tête et des épaules ce championnat de seconde série réserve et Prigonrieux a survolé la compétition en première grâce notamment à une charnière de haute acabit. Dans les deux cas, les Puy-l’Evêquois ne partiront certainement pas favoris et devront sortir deux gros matchs s’ils veulent pouvoir exister dimanche.
C’est la réserve qui ouvrira le bal des hostilités et qui tentera de montrer la voie dés 15h30 face à des Daglanais revanchard, qui auront à cœur de venger l’affront fait par les ciels et grenats dimanche dernier en venant s’imposer, au courage, sur leurs terres. On se souvient que lors des phases qualificatives, les Daglanais étaient venus s’imposer 8 à 0 sur les rives du Lot avant d’écraser physiquement les ciels et grenats en Dordogne sur le score de 32 à 5. La bande à Andrieu n’ayant pas réussi à tenir le rythme imposé par les Dordognots. Depuis, les ciels et grenats n’ont eu de cesse de travailler et ont accompli d’énormes progrès. Cela suffira t’il dimanche ? Face à une équipe plus athlétique et plus complète, les hommes de Lourenco devront d’abord faire preuve de courage et de détermination pour faire douter les rouges et blancs et parvenir à les mettre à la faute. Les Puy-l’Evêquois compteront pour cela sur une défense de fer, une vaillance inébranlable et une envie décuplée par les nombreux supporters qui viendront soutenir leurs deux équipes.
Puis ce sera au tour de leurs compères de la première. Là encore, la tâche s’avère extrêmement compliquée face à l’ogre Prigontin qui dévore tout sur son passage. Tout au long de la saison, les Dordognots n’ont laissé que des miettes derrières eux que se sont partagés les Puy-l’Evêquois et les Daglanais. Rien n’a pu jusque là faire vaciller ce géant. Plus rien ne se dresse devant lui et le voilà qui court vers un titre qui semble lui tendre les bras depuis le début de la saison. Les renards perigourdins ont les dents longues et ils les auront certainement bien aiguisées dimanche. Devant un stade qui leur sera acquis, ils n’auront qu’une idée en tête : faire leur « grand chelem ».
Pour cela, plus qu’un seul obstacle à franchir ; Un obstacle tout de ciel et grenat vêtu : la bande à Zambon ! Celle-ci n’a que peu d’espoir après avoir chuté à deux reprises contre les mollets de Goliath. Touchés par les blessures et amputés de plusieurs éléments clés, comment les protégés de Seyral et Garcia réagiront-ils ? Quelles solutions auront-ils à proposer pour réaliser un véritable exploit ? Que de questions qu’ils n’oublieront pas de se poser tout au long de la semaine. La seule certitude que l’on peut avoir est qu’ils ne lâcheront rien et qu’ils se battront jusqu’au bout avec le même panache dont ils ont fait preuve le dimanche dernier à Daglan, l’emportant contre toute attente à 14 contre 15 durant plus de 60 minutes.
Il faut croire que ce titre de champion du PA 3ème série ne leur suffisait pas. Bien au contraire, tout semble indiquer qu’il les a mis en appétit ! Car cette saison 2010/2011 a déjà revêtu la robe grenat d’un cru exceptionnel ! Les hommes du cœur des vignobles avaient encore du mal à y croire lundi matin et tous s’empressaient d’ouvrir nos colonnes pour en avoir la confirmation. Nos rugbymen viticulteurs n’ont pas vendangé leurs occasions ce weekend et les revoilà en finale mais ce coup ci avec leurs deux équipes !
Dès samedi, ce sont les réservistes qui montraient la voie à leurs camarades. Bien que menés de huit points à l’issue du match aller, la bande à Andrieu a su trouver les ressources physiques et mentales pour renverser la vapeur et faire boire l’eau du Lot aux invincibles Prigontins ! Auteurs d’un match plein, les ciels et grenats ont dominé les débats d’un bout à l’autre de la rencontre, renvoyant constamment le jeu dans le camp adverse par un bon jeu au pied de Dubois et une défense de fer. Sérieux en conquête et en permanence en mouvement, les hommes à Lourenco ont donné le tournis à leurs adversaires et l’emportent 15 à 0 grâce à deux essais de Hebrard et Dubois.
Le lendemain s’annonçait plus compliqué pour leurs équipiers de la une. Après s’être inclinés d’un point dans les derniers instant du match aller à Puy l’évêque contre une très belle formation Daglanaise, peu sont les amateurs de paris en ligne qui se seraient tentés à mettre un billet sur les hommes du président Gaulier ! Qui aurait pu croire un seul instant que les Lotois avaient une chance de s’imposer chez celui qui avait terminé les phases qualificatives à la seconde place ? Qui a part bien sûr les trois cent supporters Puy-L’Evequois qui avaient fait le déplacement en terre périgourdine pour y soutenir comme toujours les protégés à Seyral et Garcia.
Et bien leur en a pris car si coté Daglanais le champagne coulait déjà à flot avant même le coup d’envoi, c’était sans compter sur la prestation de haut vol qu’allaient donner les coéquipiers à Zambon. Bien que rapidement réduis à 14 après l’expulsion un peu sévère de Minello, les Lotois envoient du jeu mais suite à une interception, les Dordognots inscrivent un essai et une pénalité qui les voient prendre le large 10 à 0 quelques minutes avant la pause. Les choses s’annoncent mal ! Mais comme à leur habitude, les ciels et grenats ne lâchent rien et réduisent la marque suite à un groupé pénetrant. La mi-temps est sifflée sur le score de 10 à 7.
Dès la reprise, les Lotois se rebiffent de plus belle et vont faire preuve d’une force de caractère hors du commun, résistant aux perpétuelles agressions des rouges et blancs, défendant leur ligne bec et ongles sans jamais baisser les bras. Puis, profitant d’une faute Daglanaise, les Lotois tentent le tout pour le tout et sur une pénaltouche, ils vont enfoncer le pack local pour inscrire l’essai du bonheur. Les voilà devant de 2 petits points à 15 minutes de la fin; rien n’est joué ! Et les locaux le savent bien durant tout ce temps ils n’auront de cesse d’attaquer la ligne Lotoise sans jamais la faire plier. Rien n'y fera, les ciels et grenats se battront jusqu’au bout pour préserver ce maigre avantage.
Bien évidement, les sceptiques nous rappelleront que dans les ultimes secondes de la rencontre, le buteur local avait la pénalité de la qualification largement à portée de pied. Mais comment aurait-il pu la réussir avec la présence dans son dos de nos incontournables couchons et canardettes qui une fois encore ont poussé et supporté sans compter les hommes de la basse vallée.