C’est enfin arrivé ; les hommes à Lourenco ont foulé la pelouse de Jean Neumillle ! Fait d’autant plus marquant qu’il n’était plus arrivé depuis le 07 novembre dernier et une défaite 8-0 contre le leader Daglannais. Quel bonheur pour tous de voir les réservistes jouer à domicile un match de Gala face à l’équipe première de Villefranche du Périgord actuellement 3ème du championnat de 3ème série PA et en course pour le titre territorial.
Vendredi soir, les Caucau-Boys revêtaient donc pour la première fois de l’année leurs tenues de combat et partaient à l’assaut de la forteresse Périgourdine. Et du combat il allait y en avoir face à une équipe au physique imposant et bien structurée devant... la partie s’annonçait d'ores et déjà âpres. Virile mais correcte comme elle l'a été le weekend précédant où les ciels et grenats s’étaient rendus chez leurs voisins pour y jouer un match d’exhibition. Ce coup ci en revanche le coach local pouvait aligner une équipe quelque peu plus rationnelle et compétitive avec les retours de quelques blessés et de leur incontestable (incroyable !) capitaine.
20h sonnait au cloché et c’était l’heure choisie par le DOC (reconverti pour l’occasion en directeur de match) pour siffler le coup d’envoi de la rencontre donné par l’ouvreur villefranchois. D’entrée de jeu, les visiteurs font parler leur puissance, jouent dans l’axe et mettant à mal la défense lotoise qui par excès de générosité a tendance à se consommer dans les regroupements oubliant le petit côté que l’expérimenté demi de mêlé dordognot joue à la perfection. Mais les ciels et grenats s’accrochent vaillamment, comme à leur habitude, et annihilent les nombreuses occasions adverses se livrant comme des morts de faim en défense.
Cependant le manque de repères collectifs des locaux est criant et sur une énième percussion des avants bleus et blancs, ils finissent par craquer à la fin du premier quart d’heure. Il en faut plus à nos rugbymen pour se décourager et après avoir laissé passer l’orage, les Puy-l’Evequois vont trouver les ressources physiques et morales pour repartir de l’avant. Comprenant leurs erreurs, ils vont se réorganiser et s’adapter à leurs adversaires. Plutôt que d’aller batailler sur tous les ballons au sol, les ciels et grenats vont bâtir une ligne infranchissable et chasser inexorablement les trois quarts adverses ne leurs laissant plus un centimètre pour s’exprimer. Minute après minute, nos petits s’enorgueillissent et mettent la main sur le ballon. Leur velléité offensive s’exprime et plusieurs mouvements d’envergeüres échouent à quelques centimètres de la ligne. Il faut attendre les derniers instants de la première période pour voir les lotois aplatir en terre promise par David Marseille suite à une belle séquence des avants.
La seconde période sera de la même envergure. Les Caucau-Boys ne perdant rien de leur mordant, constamment à l’attaque mais ne parvenant toutefois pas à conclure leurs nombreuses occasions. On se rappellera notamment des deux ou trois surnombres qui n'ont pas pu aboutir suite à des courses en travers, des fautes de main ou plus souvent par péché de gourmandise de notre animateur radio qui certainement par manque d’éclairage ne put voir le quatre contre un d’école qu’il avait a négocier et préféra s’empaler dans l’ailier adverse mais après tout peut-on en vouloir à un talonneur de rentrer ?
La saison est longue pour la bande à Lourenco, le manque d’adversaire ne leurs permet pas d’enchainer les rencontres, d’accumuler du temps de jeu et de trouver le bon rythme pour arriver à plein régime en phase finale !
Tous ont envie et besoin de jouer mais contre qui ? Nos dirigeants ont beau se démener pour leurs trouver des matchs, même amicaux, cela reste compliqué car les équipes aux alentours ne répondent pas toujours présentes par manque de disponibilité pour la plupart. Ils ont donc sauté sur l’occasion samedi soir et accepté de partir à la rescousse de nos voisins Villefranchois, qui pour la réception de leurs partenaires n’avaient plus de match à proposer suite à la défection de leurs adversaire officiel Monpon. C’est ainsi que dimanche, les protégés du DOC se sont rendus en terres périgourdines non sans quelques regrets de ne pouvoir assister à la fêtes prévue à Jean Neumille ! Mais n’écoutant que leurs ambitions, bien qu’en effectif limité, les Puy-l’Evequois partaient sauver la face de M. Attales. Ils jouaient ainsi un match d’exhibition sans réel intérêt si ce n’est pour leur permettre de trouver du rythme et surtout d’éviter une déconvenue aux Villefranchois devant leurs sponsors. Tout juste 12 sur le papier, sans leur capitaine emblématique Caucauniduarte (retenu pour l’occasion avec la première) et surtout dépourvus de leur ligne de trois quart, les ciels et grenats semblaient mal engagés à l’approche de cette rencontre légèrement improvisée. Car si tous les joueurs ne pouvaient répondre présents, c’est tout simplement parce que nos dirigeants, n’ayant été prévenus que tard dans la nuit de samedi, n'ont pas pu faire parvenir l’information dans toutes les chaumières.
Malgré cela, nos rugbymen ont rendu une copie plus que satisfaisante, n’encaissant que 5 essais contre 3 de marqués. Ils ont répondu présent dans l’engagement et montré de beaux mouvements qui laissent présager un futur ensoleillé. En effet, si les lignes arrières étaient quelques peu remaniées et ont eu l’appui de quelques remplaçants Dordognots, les avants ont pu travailler dans de meilleures conditions. On remarquera notamment leur bonne prestation en touche où Pascal a été une fois encore impérial. Prestation d’autant plus appréciable quand on connaît les qualités de l’alignement Villefranchois qui compte parmi ses rangs deux tours de contrôle de près de deux mètres chacune. Il en est de même pour ce qui est des déblayages et des ballons portés où là aussi, les ciels et grenats se sont montrés intraitables réussissant même à marquer deux essais à partir de ces mouvements.
Vers 15h30, la rencontre s’achevait comme elle avait commencé sous les couleurs de la convivialité et de la solidarité sportive. Après les avoir longuement remercié pour l’aide apportée, le président local laissait les ciels et grenats rentrer dans leurs foyers, leurs promettant de leur rendre la pareille sur une opposition dès vendredi afin qu’ils puissent travailler leurs repères collectifs.
Une fois de plus, les Puy-l’Evéquois ont mis à l’honneur les valeurs de solidarité et d’entraide qui font partie intégrale de notre sport et enlèvent une belle épine du pied à nos voisins de Dordogne. Fait coutumier pour le RCP qui a déjà permis aux Villefranchois de conserver l’intégralité de leurs points au classement de la 3ème série en les associant à son école de rugby en échange de l’apport d’une dizaine de jeunes dont les éducateurs Puy-l’Evequois n’ont toujours pas vu la couleur.
Espérons que ce nouveau geste de générosité incite les dirigeants et parents des bleus et blancs à respecter les engagements pris lors de la signature de l’entente.